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Les livres du mois

janvier

Jean-Philippe Arrou-Vignod
Le Noël de Rita et Machin
Ill. d’Olivier Tallec

Gallimard Jeunesse.
Dès 4 ans
Rita et Machin, une petite fille et son chien, sont nés cette année de l’imagination de Jean-Philippe Arrou-Vignod, pour les brefs textes espiègles, et d’Olivier Tallec, pour les délicats dessins au trait. S’ils ont déjà vécu quelques aventures ensemble (à l’école, à la plage…), c’est la fête de Noël qu’ils préparent ici, du haut de leurs quatre ou cinq ans (pour elle), de leur complicité joyeuse, de leur tendre rivalité : il y a une lettre à écrire, un arbre à décorer, et Machin qui, pour une fois, ne dort pas mais invente toutes les bêtises du monde ! Quel joli duo forment ces deux-là ! l’illustrateur leur a donné la même taille, l’auteur le même esprit très enfantin, tout en jouant à fond sur la complémentarité de leur relation : quoi de mieux qu’un petit chien espiègle et paresseux pour donner la réplique à une fillette un brin autoritaire et débordant de vie ? Olivier Tallec nous avait habitués à ses belles compositions de couleurs, il change ici son style en proposant un fin dessin au trait noir, à peine rehaussé d’une ou deux taches rouges, et c’est avec bonheur qu’on découvre dans cette simplicité naïve toute une gamme de sentiments, et surtout une expressivité fragile et délicieuse.
Sylvie Neeman
Article paru dans Le Temps du 23 décembre 2006

Marie Colmont
Michka
Ill. de Fedor Rojankovsky

Flammarion / Les classiques du Père Castor.
Dès 3 ans
Bien entendu, on peut offrir ce petit album parce que nous-mêmes, enfant, on a tant aimé cette histoire ; mais on peut surtout l’offrir pour ses illustrations féériques – elles sont dues à Fedor Rojankovsky, un peintre russe qui a beaucoup travaillé pour Le Père Castor – et pour son message universel et généreux : le matin de Noël, l’ourson Michka marche dans la neige ; il vient de quitter Elisabeth, la petite fille capricieuse (le texte dit « impérieuse et maussade »…) à qui il appartenait. C’est avec joie qu’il goûte à la liberté, bien décidé à ne plus jamais être un jouet. En revanche, il veut bien aider le renne de Noël dans sa distribution. Mais quand tous deux, arrivés à la dernière maison, s’aperçoivent que le sac de jouets est vide, Michka entre dans la pauvre cabane, s’assied dans une botte et attend le matin. Soixante-cinq ans après sa première parution, ce classique du Père Castor est proposé avec un petit Michka en peluche… pour un Noël très doux.
Sylvie Neeman
Article paru dans Le Temps du 23 décembre 2006

Nouchka Cauwet
Compter le monde – La naissance des nombres
Illustrations de Patricia Reznikov
Conception graphique et mise en page de Nelly Charles

Belem éditions.
Dès 12 ans
Face à un livre comme Compter le monde – La naissance des nombres, une question nous vient, incontournable : mais combien d’heures de travail cela représente-t-il ? Il nous est rarement donné de découvrir un ouvrage aussi élaboré, aussi original, peut-être parce que si peu cloisonné dans son approche : on y apprend bien sûr l’histoire des nombres, leur « naissance » plusieurs milliers d’années avant notre ère, leurs diverses représentations selon les lieux et les époques. Puis viennent les pages consacrées aux chiffres, et ce qui les lie au monde ; c’est peut-être là la plus belle trouvaille des auteurs : montrer à quel point chiffres et nombres font partie de notre univers. Les jeux de l’enfance sont bien sûr évoqués, mais surtout une passerelle se dessine, souvent inattendue, toujours bienvenue, vers les œuvres d’art et la littérature. Un album d’une richesse immense, jamais pédante, à chaque page renouvelée en particulier grâce à une animation graphique remarquable. A noter que Ecrire le monde – La naissance des alphabets, par les mêmes auteurs et selon la même approche, est encore disponible en librairie…
Sylvie Neeman
Article paru dans Le Temps du 4 novembre 2006

Jorge Lujàn
Poème à compter – Numeralia
Illustr. d’Isol

Syros.
Dès 4 ans

Lui est un poète argentin vivant au Mexique, elle une illustratrice née à Buenos Aires et menant une carrière internationale : ensemble ils ont imaginé ce beau Poème à compter qui occasionne, chez le lecteur, tant d’impressions différentes, tant d’heureuses sensations. Si les chiffres sont pour vous synonymes de rigueur et d’ennui, il faut chausser les lunettes que tendent ces deux artistes sud-américains, autrement dit voir, le temps de quelques pages, le monde à leur manière : douce, colorée, imaginative.
« Le 0 pour un œuf qui tient debout, le 4 pour une chaise assise à l’envers, le 8 pour que s’écoule le sable des heures… ». L’enfant pourra, comme dans d’autres ouvrages « à compter », s’aider de son doigt pour désigner les 2 canards ou les 8 tortues, mais surtout il se laissera embarquer dans les belles doubles pages délicatement oniriques consacrées à chaque chiffre ; et en explorant ces univers tour à tour loufoques ou poétiques, il comprendra que peu de choses en réalité séparent le verbe compter… du verbe conter !
Sylvie Neeman
Article paru dans Le Temps du 4 novembre 2006

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