

Les livres du mois
juillet
Wolf
Erlbruch
Trad. de Danièle Ball
Le canard, la mort et la tulipe
La Joie de lire
Dès 7 ans.
Les
éditions La Joie de lire fêtent leurs vingt ans cette année
et, pour l’occasion, elles s’offrent un très beau cadeau
: le dernier ouvrage de Wolf Erlbruch. Le canard, la mort et la tulipe –
un de ces livres qui vous habitent longtemps après sa lecture –
est un doux cheminement en compagnie de deux personnages irrémédiablement
liés, un canard donc, et cette compagne qu’il se découvre
un beau jour, la mort. La première frayeur surmontée, le duo
va passer du temps ensemble, et parler ensemble.
Le texte, plus philosophique que métaphysique, est un exemple de sobriété
et de pondération, qui plus est traversé de pointes d’humour
! Quant aux illustrations, elles sont d’un Erlbruch merveilleusement
sobre, jouant sur la verticalité et l’horizontalité des
traits, sur le dépouillement des belles pages blanc cassé qu’habitent
deux êtres en fin de compte proches : touchants tous deux, traversés
de doutes et d’interrogations, et se dirigeant de concert vers un dénouement
qu’on sait inévitable. Car le canard meurt, alors sa compagne
de route a pour lui les gestes les plus délicats, les plus respectueux,
elle fait ce qu’il y a à faire dans ces cas-là, avec tendresse
et attention. Le lecteur comprend, il accepte, déjà grandi qu’il
est par cette lecture hors du commun.
Sylvie Neeman
Article paru dans Le
Temps du 5 mai 2007
Anne de Preux
Le Seigneur des Andes
Calligram / Storigram
Dès 10 ans.
Première
auteure suisse publiée chez Calligram, Anne de Preux propose avec Le
Seigneur des Andes un roman émouvant et convaincant, entièrement
placé sous le signe de l’alternance, ce qui devrait plaire aux
jeunes ados à qui il s’adresse. De courts chapitres bien rythmés,
des dialogues qui sonnent juste, une destinée hors du commun font qu’on
suit volontiers les aventures de Miguel, sa prime enfance heureuse dans un
petit village au pied des Andes, mais aussi ces difficiles années où,
enfant des rues, il devra trouver le moyen non seulement de survivre, mais
aussi de s’imaginer un avenir.
Miguel a-t-il trop de qualités ? Si Anne de Preux a fait ce choix d’un
héros irréprochable, c’est parce qu’elle n’a
pas, par ailleurs, lésiné sur l’adversité qu’il
va rencontrer tout au long de sa vie. Et c’est en observatrice et connaisseuse
de l’Amérique du Sud, où elle a séjourné,
qu’elle mène ce récit où les souvenirs des jours
heureux guident les pas d’un enfant bien déterminé à
vivre ses rêves.
Sylvie Neeman
Article paru dans Le
Temps du 5 mai 2007
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