Les livres du mois
juin
Bruno
Heitz
Les lapins savent compter
Seuil Jeunesse.
Dès 4 ans
1
lapin + 1 lapin, s’ils tombent amoureux, ça fait vite 3, 4, et
même 5 lapins. 5 lapins + 1 loup très méchant qui en mange
4, et voilà qu’il ne reste à nouveau plus que 1 lapin.
Mais si celui-ci va chercher du renfort, et 10 pelles, et 10 pioches, le loup
n’a qu’à bien se tenir…
Bienvenue dans le monde de Bruno Heitz ! Ses personnages bricolés en
bois dans son atelier du sud de la France, puis peints de couleurs vives,
sont génialement mis en scène et les décors, avec leurs
ombres et leurs beaux à-plats de couleurs franches, créent une
ambiance joyeusement théâtrale ; à chaque page des mains
de carton, tel un chœur antique scandant les scènes, comptent
sur leurs doigts : on est ici dans un univers plein d’emphase et d’humour,
plein de suspense aussi, car si on ouvre le ventre de 1 loup, qu’on
en sort 4 lapins qui aussitôt sont remplacés par 15 boulets de
canon, combien pèse le loup et où va-t-il finir ?
Un album pour apprendre à additionner les yeux grand ouverts, à
soustraire le sourire aux lèvres, autrement dit à compter sans
même y penser, mais en s’amusant beaucoup !
Sylvie Neeman
Article paru dans Le
Temps du 6 mai 2006
Johnny Ball
Les maths, c’est magique !
Traduction et adaptation d’Eve Spanjaard
Nathan.
Dès 11 ans
Difficile
de ne pas être passionné par cet ouvrage de vulgarisation mathématique
qui séduira (presque) autant les littéraires que les matheux
: tout y est attrayant, dans la forme comme dans le fond, car tout y est découverte
et source d’étonnement. On y apprend par exemple que si l’on
n’avait pas dix doigts, on ne compterait certainement pas en système
décimal, on y découvre la manière de noter les chiffres
chez les Babyloniens, les Egyptiens, les Mayas, les Romains, et comment les
Indiens inventèrent le zéro. Les nombres premiers, Pi, le nombre
d’or, l’infini, une multitude de notions sont expliquées,
chacune sur l’espace d’une double page, avec une clarté
qui ravira même les parents, puisqu’ils auront l’impression
de comprendre enfin ce que l’école n’avait peut-être
pas réussi à leur inculquer.
Côté pratique, des dizaines de petites énigmes mathématiques
sont proposées (avec leur solution !), des jeux, des tours de magie,
de quoi rendre l’apprentissage vivant et varié. Un ouvrage magnifiquement
riche et exigeant, qui aborde des thèmes complexes avec une énergie
et un enthousiasme qui les rendront accessibles à tout jeune lecteur
un peu curieux.
Sylvie Neeman
Article paru dans Le
Temps du 6 mai 2006
Julia
Donaldson
Le livre de Charlie
Illustr. d’Axel Scheffler
Autrement Jeunesse.
Dès 5 ans
Bien
confortablement installé dans son fauteuil, Charlie lit l’histoire
d’un pirate échoué sur une île déserte ;
ce pirate découvre un coffre contenant un livre qui raconte les aventures
d’une fillette appelée Boucle d’Or : commodément
installée dans le lit de Petit-Ours, elle lit son conte préféré,
celui qui parle d’un chevalier et d’un dragon qui…
Le principe est simple est vertigineux : chaque histoire évoquée
est prétexte à basculer dans une autre, laquelle renvoie immédiatement
à la suivante. On passe de livre en livre, d’univers en univers,
et la belle page finale montre le salon familial : ils sont tous là,
les trois ours, le chevalier, le crocodile gourmand, ils entourent Charlie,
chanceux lecteur qui vient de faire un si beau voyage.
Ce livre salue l’aventure de la lecture de la meilleure des façons
: avec humour (les illustrations d’Axel Scheffler sont vives, pétillantes,
savoureuses), avec passion, sans didactisme ni prosélytisme. Et puisque
chaque histoire n’est qu’effleurée, il ne tient qu’au
lecteur, s’il éprouve quelque frustration, de retourner aux sources
de tant de plaisir…
Sylvie Neeman
Article paru dans Le
Temps du 20 mai 2006
Anita Siegfried
Bleu nuit
Illustr. de Hannes Binder
La Joie de lire.
Dès 9 ans
Bien
des hommages sont rendus à Saint-Exupéry cette année,
mais celui que publient les éditions La Joie de lire possède
une force évocatrice singulière. Elle vient peut-être
des illustrations, de ce bleu nuit qui sait se faire terriblement sombre comme
incroyablement lumineux ; la technique très particulière de
Hannes Binder, proche de la gravure, provoque un effet réaliste et
fantastique à la fois qui souligne parfaitement le propos.
Un enfant va passer la soirée seul chez lui ; avant de le quitter,
sa mère lui lit quelques pages du Petit Prince. Il a beau être
courageux, une fois sa maman partie, il n’en mène pas large,
notre jeune narrateur. Et l’orage qui gronde au loin... Attentif à
chaque bruit, incapable de trouver le sommeil, l’enfant se trouve dans
un état de demi-veille lorsque : « Vite, monte ! » dit
une voix grave. » Un avion s’est posé près de lui
et son pilote l’invite à le rejoindre pour un voyage vers l’Antarctique…
Ce « vol de nuit » magique célèbre la fragile frontière
entre le réel et l’imaginaire, et surtout le bienfait de l’histoire
avant de se coucher ; invitation au voyage, c’est une porte que l’on
ouvre grande sur les rêves à venir.
Sylvie Neeman
Article paru dans Le
Temps du 20 mai 2006
• Les livres du mois de février
• Les livres du mois de janvier
2005
• Les livres du mois de décembre
• Les livres du mois de novembre
• Les livres du mois d'octobre
• Les livres du mois de septembre
• Les livres du mois de juillet



